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Homélie de Mgr Colomb, 2ème dimanche de Pâques

Dimanche 8 avril 2018 2ème dimanche de Pâques Dimanche de la Miséricorde

1re lect. : Ac 4, 32-35 Ps : 117, 2-4, 16ab-18, 22-24

2e lect. : 1 Jn 5, 1-6 Évangile : Jn 20, 19-31

Mgr Georges Colomb

Chers amis de Saint-Pierre et Miquelon,

Que de bouleversements dans la vie des disciples du Christ ! Dieu aime surprendre. Là où l'homme s'installe dans des habitudes rassurantes, Dieu vient bousculer, rénover, renouveler. Comment pourrions-nous demander autre chose que ce surgissement de l'inattendu de Dieu dans nos vies, nous qui avons reçu la grâce du baptême, nous qui avons revêtu le Christ, mort et ressuscité pour nous au matin de Pâques ?

Ces bouleversements ont surpris les premiers disciples, comme ils peuvent nous surprendre aujourd'hui. Ces bouleversements ont amené les Apôtres à inaugurer des voies jamais explorées, à inventer de nouvelles manières de vivre ensemble, à relever des défis dont ils n'avaient aucune idée quand ils ont décidé, sous la mouvance de l'Esprit, de suivre le Christ.


Se laisser bouleverser, se laisser interpeler et remettre en question pour mieux se mettre en route à la suite du Christ, voilà en un mot la vie du disciple depuis les premiers temps de l'Eglise jusqu'à nos jours. Voici aussi en un mot ce à quoi le pape François nous exhorte, à chacune de ses prises de parole.

Et c'est bien à ce déplacement, à ce décentrage, qu'il nous invite, nous particulièrement, catholiques de La Rochelle et de Saint-Pierre et Miquelon, en unissant le destin de nos deux territoires.



Une fois la surprise passée, c'est avec une grande joie que les Charentais Maritimes ont accueilli ce défi proposé par notre pape. Nous voici unis maintenant au sein de la circonscription ecclésiastique la plus étendue du monde ! Aux îles d'Aix, de Ré, d'Oléron, à l'île Madame, voici que s'ajoute un archipel avec Saint-Pierre et Miquelon ! Nous vous avons reçu, de la part du Seigneur, des frères, des sœurs, des amis, à découvrir et à aimer. Je sais que la réciproque est vraie et que désormais nous sommes "un seul cœur et une seule âme" à l'image des Apôtres et des disciples (Ac 4, 32-35). Nous nous recevons les uns et les autres, riches de notre histoire, de nos traditions, avec nos pauvretés aussi, nos espoirs, nos attentes.



J'ai une pensée toute particulière ici pour la longue présence des pères spiritains et des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny. Grâce leur soit rendue car ils ont œuvré et travaillent encore avec amour et dévouement pour l'annonce de l'Evangile sur cette terre. Il faut continuer la mission car nos contemporains sont rapidement saturés et blasés par les satisfactions passagères offertes par des sociétés matérialistes où règne l'individualisme.



Un vicaire épiscopal rejoindra bientôt les communautés paroissiales. J'ai nommé le père Bertrand Thébaut. C'est un jeune prêtre, homme de foi, de dialogue et d'ouverture. il a servi en qualité de coopérant avec les missionnaires spiritains en Mauritanie quand il était étudiant. Il sera accueilli et conseillé par Mgr. Gaschy et travaillera en équipe. Il devra prendre la mesure des forces et des besoins de l'Archipel pour poursuivre l'œuvre d'évangélisation. Moi-même, je serai proche de vous, par la présence du père Thébaut, par mes visites aussi, par ma prière chaque jour.


Nous le savons bien, et le pape François nous le rappelle avec force, il faut être audacieux et créatifs : "J’invite chacun à être audacieux et créatif dans ce devoir de repenser les objectifs, les structures, le style et les méthodes d'évangélisation au sein de nos communautés" (La joie de l'Evangile n° 33).

Le pape nous témoigne sa confiance en nous lançant ce défi inédit. Nous allons le relever, avec la force de l'Esprit Saint, pour la gloire de Dieu et le salut de nos frères. Gardons notre cœur en paix et dans la joie. Le Seigneur veille.


Que notre cœur soit en paix.


La paix du cœur, c'est ce que nous transmet Jean, de la part du Christ, dans les lectures de ce jour, 2ème dimanche de Pâques mais aussi dimanche de la Miséricorde. Par deux fois, Jésus ressuscité nous donne sa paix : " La paix soit avec vous !" (Jn 20,19 et 21) Cette paix, il ne nous la donne pas à la manière du monde, comme une trêve entre deux guerres, deux affrontements, deux attentats. Cette paix est paix de Dieu, c’est-à-dire paix profonde, sérénité du cœur, confiance en la Parole de Dieu, en son amour infini et en sa miséricorde. Dieu nous aime, Dieu nous pardonne, Dieu met sa confiance en nous et nous pouvons lui donner la nôtre sans réserve. Cette paix du Christ est notre force. C'est sur elle que nous pouvons nous appuyer dans les moments de doute ou de peur car elle nous a été donnée une fois pour toutes, et nous en faisons mémoire à chaque eucharistie "que la paix du Seigneur soit toujours avec vous!". Cette paix du Christ est nécessaire pour être de vrais "disciples missionnaires".


Tous envoyés en mission pour la nouvelle évangélisation


Dans un même mouvement, Jésus ressuscité donne la paix de Dieu, transmet l'Esprit Saint et nous envoie en mission. Aux Apôtres, il donne le pouvoir de remettre les péchés c’est-à-dire, en apportant le pardon de Dieu, de transmettre sa paix. Le saint pape Jean Paul II a décidé en 2000 que ce deuxième dimanche de Pâques serait dédié à la miséricorde divine. Il y a là une intuition prophétique ! Le pape François nous le dit : "La nouvelle évangélisation ne peut qu’utiliser le langage de la miséricorde, fait de gestes et d’attitudes avant même que de paroles" (Assemblée plénière du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, octobre 2013).


Notre siècle est marqué par l'indifférence, quand ce n'est pas par l'hostilité. A nous, croyants, il appartient de témoigner par toute notre vie. Nous devons être des "témoins crédibles qui, par leur vie et leur parole, rendent visible l'Evangile et réveillent l'attraction pour Jésus--Christ, pour la beauté de Dieu" (idem).

Parmi nos contemporains, nombreux sont ceux qui cèdent au scepticisme ambiant, au matérialisme. Cela nous arrive aussi. Il faudrait pouvoir toucher les plaies du Christ pour comprendre, peut-être, comme Thomas (Jn 20, 19-31) que Jésus de Nazareth, l'homme de la Croix, est bien le Seigneur ressuscité qui a tout remis au Père par le don de sa vie et qui a apporté le salut en ce monde.

Or Jean nous redonne les bases de notre foi : Jésus de Nazareth est vraiment Fils de Dieu. Baptisés, nous vivons d'une vie nouvelle, celle des enfants de Dieu et l'un des signes de cette vie nouvelle est l'amour de Dieu et l'amour du prochain. Cette foi nous rend capables de vaincre les obstacles pour travailler à l'œuvre de Dieu en ce monde. C'est pourquoi Jean peut affirmer : "celui qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est né de Dieu" et " la victoire remportée sur le monde, c’est notre foi. Qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?" (1 Jn 5, 1-6).

Etre vainqueur du monde ne veut pas dire détester le monde. Cela veut dire savoir discerner ce qui vient de Dieu et ce qui n'en vient pas. Ainsi dans la toute récente actualité, nous devons réfléchir sur la révision des lois de bioéthique qui sera proposée à la fin de l'année 2018. Face à la question de la fin de vie, face à la banalisation de la procréation médicalement assistée, face aux demandes de certains groupes de pression concernant la gestation pour autrui, le chrétien doit-il laisser faire "le monde" ou doit-il redire avec force son choix non négociable de la vie plutôt que la mort, des droits de l'enfant à naître plutôt que du désir des parents d'avoir un enfant à n'importe quel prix, fut ce l'esclavage de femmes réduites à l'état d'objets ? Etre vainqueur du monde, c'est savoir s'opposer, quand il le faut, à ces dérives irraisonnées qui mènent notre société à sa perte. Mais toute annonce doit se faire avec le langage de la miséricorde : "C’est pourquoi, la nouvelle évangélisation nous invite à avoir le courage d’aller à contre-courant ; se convertir, passer des idoles à l’unique vrai Dieu, ne peut qu’utiliser le langage de la miséricorde, fait de gestes et d’attitudes plutôt que de paroles " (Pape François, Assemblée plénière du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, octobre 2013).

 

Cet engagement est un des aspects de la mission.


Un autre aspect primordial est sans aucun doute l'urgence de l'annonce de l'Evangile, particulièrement aux jeunes générations. Le prochain Synode des jeunes sera pour nous comme un renouveau de l'envoi en mission auprès de ces générations en recherche de sens. Car, ne nous y trompons pas, et les 60 jeunes de notre diocèse qui ont répondu au questionnaire des évêques nous le prouvent, les jeunes ont soif et faim d'idéal, de beauté, de vérité. Ils ont faim et soif de Dieu.

Des projets devront être étudiés pour proposer des échanges entre les jeunes de Charente-Maritime et ceux de Saint-Pierre et Miquelon. Les écoles pourront se jumeler pour stimuler les échanges. De belles et riches ouvertures sont possibles. A nous de les mettre en place et de les faire vivre.


Annoncer, témoigner, s'ouvrir à l'autre dans un souci de partage et de fraternité, telle est la feuille de route du baptisé. Aucune porte verrouillée par nos peurs ne saurait empêcher le Christ de manifester sa présence (Jn 20, 29)

Métropolitains et ultramarins, baptisés, notre unique mission est l'annonce de l'Evangile. Pour cette annonce, toutes les forces sont nécessaires. Ni l'âge, ni l'éloignement, ni les difficultés matérielles ne doivent durablement nous écarter du chemin de la mission. Nous devons faire Eglise tous ensemble confiants dans nos capacités d'inventivité et dans la force du Christ ressuscité qui nous donne son Esprit !

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