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Homélie de la fête Patronale et des Marins

Homélie de Mgr Pierre Gaschy

de la Fête Patronale et des Marins


Ecoutez l'homélie

Nous célébrons aujourd’hui la fête des marins qui tient tant à cœur à tous les saint-pierrais et celle de notre fête patronale.

Comme il se doit, le décor de la cathédrale nous plonge dans l’univers de la pêche et de l’histoire de l’archipel. Les pavois des bateaux, les enseignes des compagnies de pêche, les maquettes de goélettes, de chalutiers, les filets de pêche, les étendards déployés, évoquent de nombreux, de beaux et, hélas, souvent de douloureux souvenirs. Ce qui, aujourd’hui, fait la gloire de cette grande histoire était parfois, au moment des événements, un cauchemar.

En cette fête des marins, il conviendrait d’évoquer l’un ou l’autre fait du passé prestigieux de St-Pierre et Miquelon. Mais les célébrations du bicentenaire de notre rattachement à la France ont largement retracé ces siècles de luttes et de souffrances des générations précédentes. Le courage des marins bravant vagues, tempêtes ou brumes épaisses, la solidarité de la population qui a traversé les pires épreuves ne sont jamais assez soulignés. La dernière de ces tragédies était celle du Cap Blanc en décembre 2008. Elle reste gravée dans la mémoire collective comme beaucoup d’autres. La solidarité était évidemment active. La cathédrale était bondée de monde comme pour crier la douleur de l’inacceptable. Un événement de cet ordre touche l’ensemble de la population.

St Pierre a aussi connu un passé où des marins de partout faisaient escale dans le port. Ils étaient heureux de passer quelques jours à l’abri des tempêtes, de réparer les avaries, ou d’attendre ici des jours plus favorables à la pêche. Beaucoup de personnes parlent encore de cette période où les marins participaient à faire tourner les commerces, où les espagnols, les portugais, chantaient dans les rues de la ville. La page de cette histoire a été tournée par la surpêche dominée par de puissants intérêts publics et privés.

La fête des marins ne regarde pas uniquement dans le rétroviseur pour évoquer le passé, elle nous invite aussi à construire le présent et l’avenir avec les valeurs de solidarité, de courage et de foi qui faisaient la force des ancêtres. Ils s’étaient battus parce qu’ils étaient passionnés par leur métier, fiers d’être marins, et qu’ils espéraient un avenir meilleur. Saint-Pierre et Miquelon trouvera toujours dans l’océan une partie de ses ressources :exploitation des produits halieutiques, traitement du poisson sur place, escales des bateaux de croisière… A nous de nous battre avec les valeurs qui nous viennent d’autrefois.

Nous célébrons aussi Saint-Pierre, patron de notre commune et de notre paroisse. Pêcheur de son état, Pierre vivait avec sa femme près du lac de Galilée à Capharnaüm. Un jour qu’il était en train de jeter le filet dans la mer, Jésus l’a appelé lui et son frère André : «Venez à ma suite, et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. » Ils ont tout quitté pour le suivre. Deux années plus tard, Jésus pose cette question que nous rappelle l’évangile d’aujourd’hui : «Pour vous, qui suis-je ? » Ses disciples l’avaient accompagné sur les routes de Palestine, ils ont vu avec quelle délicatesse il rendait l’espoir à ceux qui n’en avaient plus, il manifestait la miséricorde de Dieu aux personnes exclus de la société, méprisés. Pierre répond : «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Jésus lui fait remarquer que ce n’est pas lui qui a trouvé cela, c’est Dieu qui le lui a inspiré. La foi est un don que Dieu fait à ceux qui cherchent à le connaître et à l’aimer. Ceux qui cherchent Dieu, le fréquentent dans la prière, dans l’écoute de la parole de Dieu.

Pierre a compris qu’une authentique foi en Jésus rend son amour visible dans sa vie, tisse des liens de fraternité, de solidarité, crée des communautés, bâtit l’Eglise de Jésus. Son témoignage de foi l’a conduit jusqu’au martyr sous l’empereur Néron. C’est dans cette foi que les ancêtres puisaient la force pour vaincre ensemble leurs épreuves.

L’abbé Pierre, affirmait : « Lorsque nous arriverons à la fin de notre vie, on ne nous demandera pas si nous avons été croyants, mais si nous avons été crédibles », c’est-à-dire si notre foi en Dieu se traduisait en amour de Dieu et des autres !



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